Big Bang : la NASA veut sauver la sonde Voyager 1 située à 25 milliards de km de la Terre

Par:
francoistonic

mar, 19/05/2026 - 11:22

Un défi technique pour les équipes du Jet Propulsion Laboratory de la NASA : sauver la sonde Voyager 1 et allonger la durée de vie du matériel. Lancée il y a 49 ans, Voyager 1 connaît une baisse d'énergie aussi soudaine que dangereuse.

En février 2026, une simple manœuvre de routine a provoqué une chute de l'énergie disponible. Elle n'était ni prévue ni attendue. "Le 27 février, lors d'une manœuvre de roulis de routine, la batterie de Voyager 1 a subi une chute de tension inattendue. Les ingénieurs de la mission savaient que toute baisse de puissance supplémentaire risquait de déclencher le système de protection contre les sous-tensions, qui couperait automatiquement certains composants pour protéger la sonde, nécessitant l'intervention de l'équipe de vol – une procédure longue et risquée", explique la NASA.

La sonde est passée très près d'un arrêt définitif. L'alimentation est assurée par un système utilisant du plutonium. Comme Voyager 2, la sonde convertit l'énergie dégagée par le plutonium en électricité. En moyenne, Voyager perd 4 W d'énergie par an. Bref, plus les années passent, moins il y aura d'énergie pour alimenter les systèmes embarqués. « Bien que l’arrêt d’un instrument scientifique ne soit jamais souhaitable, c’est la meilleure option », a déclaré Kareem Badaruddin, responsable de la mission Voyager au JPL. « Voyager 1 dispose encore de deux instruments scientifiques opérationnels : l’un détecte les ondes de plasma et l’autre mesure les champs magnétiques. Ils fonctionnent toujours parfaitement et nous transmettent des données d’une région de l’espace encore inexplorée par aucun engin spatial. L’équipe reste déterminée à maintenir les deux sondes Voyager en service le plus longtemps possible. »

L'équipe cherche donc à couper tous les systèmes inutiles ou non utilisés pour rediriger le maximum d'énergie vers le fonctionnement de la sonde. Actuellement, deux instruments fonctionnels restent activés. Il faut donc coder les instructions, réécrire le code assembleur et espérer que tout se passe bien. Le projet Big Bang sera d'abord testé sur Voyager 2, qui possédait la même alimentation. Les tests sont prévus en mai et juin. Si tout se passe bien, Big Bang sera envoyé à Voyager 1 en juillet prochain.

L'autre défi est la distance. La sonde est à plus de 25 milliards de kilomètres de la Terre. Il faut 23 heures pour que les données parviennent à la sonde, et 23 h supplémentaires pour qu'elle envoie les réponses à la NASA. Big Bang consommera environ 0,5 W pour recevoir, traiter, installer et exécuter les instructions.

Pour les équipes, le défi est aussi sur Terre car de nombreux ingénieurs et développeurs sont décédés ou à la retraite. Les codes sont écrits en assembleur et en Fortran. Une partie de la documentation technique et des schémas ont été perdus ou sont fragmentaires. Ce qui pose un réel problème de compréhension des systèmes et sur le fonctionnement global de la sonde. Le dernier ingénieur ayant travaillé sur Voyager est parti en 2016. 

Image:  NASA/JPL-Caltech