Est-ce que l'IA pèse sur le recrutement des profils juniors ?

Par:
francoistonic

mer, 07/01/2026 - 09:04

Une étude IDC / RH Deel relance la pression de l'IA sur les profils juniors et l'impact sur les entreprises. Plus de 80 % des entreprises ayant répondu disent avoir lancé des transformations d'équipes ou supprimé des postes. Et surtout, deux tiers des entreprises disent ralentir le recrutement de profils juniors et autant investissent pour former à l'IA.

Mais ce n'est pas parce qu'il y a un déploiement de l'IA qu'elle est maîtrisée : 35 % des entreprises disent de ne pas savoir qui pilote quoi ou qui fait quoi pour transformer l'entreprise avec l'IA, ce qui n'est pas rassurant.

L'étude peut se résumer ainsi :

  • 83 % des entreprises transforment ou suppriment des postes en lien ou à cause de l'IA

  • 67 % affirment réduire le recrutement junior dans les 3 ans : presque deux entreprises sur trois affirment ralentir les embauches de débutants à mesure que l'automatisation se développe, tout en investissant dans les compétences en IA et les compétences générales telles que la pensée critique et la communication.

  • 75 % des entreprises disent qu'il est parfois difficile de recruter et de former

L'étude pointe les problèmes de l'IA en entreprise : manque d'engagement des équipes, le coût de l'IA, le budget formation mal adapté, difficulté à trouver des compétences. La moitié des entreprises disent avoir du mal à recruter des profils IA car, en interne, le chantier de l'IA est soit à peine engagé, soit très flou. Mais dans le même temps, les entreprises seraient prêtes à proposer des salaires plus élevés.

Les entreprises se trompent en affirmant vouloir réduire le recrutement des juniors dans les équipes. Car le junior d'aujourd'hui est le futur expert. Réduire le junior, c'est risquer de ne plus renouveler les équipes et les compétences. Et c'est perdre le vivier pour former les bonnes compétences et apporter du "sang neuf" et une nouvelle vision. L'entreprise se priverait ainsi de la possibilité de former des compétences internes et de renouveler les équipes pour compenser les départs.

L'autre constat est aussi un recul du diplôme face aux compétences réelles, notamment sur l'IA. L'omnipotence du diplôme est-elle en train de disparaître ou du moins de reculer ? La tendance est là et elle devrait s'accélérer.

Il y a un paradoxe : l'entreprise a du mal à recruter et à former les futurs "leaders" mais ne semble plus vouloir miser sur le profil junior...