Disponibilité du magazine en kiosques

Suite à la faillite de plusieurs sociétés de distribution de presse (journaux et magazines), conséquence de la liquidation judiciaire de Presstalis, des centaines de kiosques et points de vente de presse ne reçoivent plus du tout, ou très partiellement, de magazines, dont Programmez!.

En attendant que la situation puisse revenir à la normale, la meilleure solution est l’abonnement.

Forces et faiblesses des géants de la Tech

Par:
ftonic

ven, 04/01/2019 - 08:33

GAFA / GAFAM, licornes, nouveaux géants asiatiques, le monde technologique est sans cesse en mutation, avec parfois, une boucle infinie pour certains acteurs. Un jour c’est toi, un jour c’est moi. Petit panorama.

Apple

Depuis début janvier, c’est Apple qui est bousculée : résultats pas aussi bons qu’espéré pour les ventes des fêtes de fin d’année, des ventes d’iPhone en baisses, des marchés clés pas facile, guerre commerciale USA – Chine, hausse du dollar, prix moyens des matériels élevés. On peut multiplier les exemples notamment sur les gammes qui apparaissent encombrées. Cette complexité avait rendu illisible le constructeur dans les années 1990. Jobs, à son retour, avait fait le grand ménage pour tout simplifier et avoir une machine par case !

La question pour Apple est de trouver le ou les nouveaux marchés des 5 à 10 ans à venir : les services sont clairement l’avenir (notamment avec un concurrent Netflix à venir), redéfinir les gammes, introduire de réelles nouveautés notamment pour mieux se démarquer des concurrents. Et réduire la dépendance à l’iPhone qui est toujours la locomotive. 

 

Sur la partie IoT, domotique, Apple a toujours du mal avec Homekit même si le marché commence à bouger. Par contre, dans le wearable et la santé, le constructeur possède désormais de solides matériels et logiciels. Il a judicieusement réorienté l’Apple Watch sur la santé, le bien-être.

Les forces

Puissance de l’iPhone sur le marché et la base installée

Le cash disponible

Les équipes techniques notamment côté CPU ARM et GPU

Apple Watch & EarPods

Apple Music

Langage Swift

App Store

Les faiblesses

Un prix moyen (trop) élevé

Planning des renouvellements des Mac flou

Un marché smartphone maintenant saturé 

Trop de modèles dans les gammes

Chine & Inde : difficultés sur ces marchés clés

Relation développeur parfois chaotique

iOS & macOS : des évolutions annuelles moins importantes

Quels marchés pour demain ?

Mac ARM (vers 2020 ?)

Réalité augmentée / mixte : matériel dédié en 2019 ?

Voiture (projet Titan ?)

Service de streaming (pour concurrencer Netflix, Amazon) : 1ersemestre 2019 ?

La santé

Microsoft

Microsoft a su équilibrer les relais de croissance et les marchés. Mais sans pour autant avoir un leader incontesté comme ce fut le cas dans les années 90 et début 2000 : Windows et surtout Office. Azure et Office 365 sont les deux marchés qui s’imposent chez l’éditeur et la croissance est au rendez-vous. Le matériel ? Je n’y crois pas trop. Oui les gammes Surface sont bonnes, mais Microsoft n’est pas un constructeur et les faiblesses des terminaux le prouvent. Ne pas oublier le cinglant échec du rachat de Nokia et des Surface ARM. Si Microsoft veut devenir un constructeur, il faudra faire bien plus qu’aujourd’hui.

Sur la partie ARM, Microsoft tente le retour de Windows ARM et des PC ARM, mais pour le moment, on ne peut pas dire que cela soit une réussir. Attendons de voir si les nouvelles machines vont pouvoir redynamiser ce marché pour le moment inexistant. Côté Windows Mixed Reality, on ne peut pas dire que 2018 fut une grande année. 2017 avait donné quelques espoirs d’un marché qui ne demande qu’à exploser. 12 mois plus tard, on ne peut que constater le flop des offres actuelles : qualité de casques par toujours au rendez-vous, contenus toujours trop pauvres, cas d’usages trop limités côté grand public. On devrait voir une version 2 d’Hololens courant 2019, ou 2020. 

L’étendue de l’offre serveur et développeurs est toujours un atout notamment sur le marché des IoT et du Edge computing. Azure est un acteur majeur du cloud. Et l’éditeur a su se transformer vers l’IT dématérialisé et à marginaliser Windows dans la stratégie qui devient un contenant comme un autre. Sans doute faudra-t-il mieux travailler avec les communautés et donner une meilleure compréhension de certaines plateformes techniques comme UWP ou les différentes éditions de .Net. 

Le rachat de GitHub a été une surprise, mais s’inscrit dans la volonté de renforcer les liens avec les développeurs et le monde de l’open source. Sur l’open source, il est impressionnant de voir comment l’éditeur a su s’investir totalement après des années d’opposition frontale. 

Notons aussi le pragmatisme de l’éditeur. Le dernier revirement est l’utilisation du moteur Chromium dans le navigateur Edge. Microsoft prend acte de son échec et décide d’utiliser une des références du marché. L’ère Ballmer était trop dogmatique et avait été la cause de plusieurs retards et ratés. 

Les forces

Azure & Office 365

Une offre développeur toujours solide

Une approche pragmatique du marché : aller sur les plateformes où sont les utilisateurs

Une gamme matérielle sérieuse et de grandes qualités

Hololens (côté entreprise)

Open source

Les faiblesses

Téléphonie

Des orientations parfois floues et sans direction pour rassurer les communautés

Windows Mixed Reality

Matériel : oui les gammes sont de qualité, mais le succès reste trop limité, certains manques pénalisent l’offre

Windows : certaines mises à jour ont généré une image négative

Navigateur Edge 

Quels marchés pour demain ?

Cloud Computing

Edge & IoT

Quantique : à terme

Santé

Infra as code / serverless

Amazon

Amazon possède deux bras armés : le site marchand et la partie cloud (AWS). Le succès est incontestable. Les tentatives d’investir dans le matériel n’ont pas été toujours probantes. Les assistants peuvent offrir une nouvelle opportunité, qui reste à confirmer. Le service de streaming reste lui aussi un service à renforcer face à Netflix et aux futurs concurrents.

AWS reste un des acteurs les plus importants du marché cloud. La situation ne risque pas de changer dans l’immédiat, bien au contraire. L’offre est mature et évolue régulièrement. 

Les forces

Le site marchand

Les services cloud

L’étendue de la présence sur les marchés

Service de streaming et l’offre globale Prime

Alexa

Les faiblesses

Matériel

La partie développeur reste à élargir

Les réglementations locales peuvent gêner le fournisseur

Une partie développeur qui mériterait d’être plus étendue

Quels marchés pour demain ?

Cloud Computing

Edge & IoT

Service de streaming

Serverless

Facebook

Le cas Facebook est sans doute le plus délicat à traiter. Le fournisseur a fait face à plusieurs scandales sur les données personnelles et les failles de sécurité. Facebook est clairement mono-marché et malgré des tentatives de se diversifier et d’investir de nouveaux marchés. 

Oui le réseau social reste puissant et omniprésent, mais pose des questions sur son avenir. Le rachat d’Oculus n’a pas permis une diversification importante, la faute à un marché trop mou. Oculus Go a montré des pistes intéressantes, succès d’estime, mais qui n’a pas permis de booster le marché, sa compatibilité limitée côté contenu pose aussi un sérieux problème.

Les forces

Le nombre d’utilisateurs

Oculus

Capacité financière

Certains frameworks sont très utilisés 

Les faiblesses

Les scandales et failles en 2018

Mauvaise image auprès du public

Quels marchés pour demain ?

?

Google

Au-delà du moteur de recherche, Google a su se diversifier. Cette multitude d’activités a abouti à une profonde réorganisation en 2015 avec la création d’Alphabet qui contrôle l’univers Google. Cloud, mobilitité, matériels, IoT, langages, quantique, réseaux sociaux, Google est tentaculaire et possède des activités très diverses. Cela permet aujourd’hui de ne pas dépendre du moteur de recherche ou trop fortement de la mobilité. 

La plateforme Cloud a su se rebooter entièrement et propose aujourd’hui une des offres les plus solides même si par rapport à Azure ou AWS, l’éditeur est encore en retrait. Sur la partie mobile, inutile de revenir sur l’importance d’Android dans l’économie. L’éditeur a aussi su prendre ou développer de nouveaux langages / frameworks : Kotlin, Dart, Go, Angular. 

Les développeurs utilisent de nombreux outils et services Google même sans le savoir.

Dans la réalité augmentée / mixte, Google a essuyé l’échec des Google Glass, mais tente de rebondir, notamment face à Apple ou en investissant massivement dans Magic Leap. Google a plus de succès dans la voiture autonome, les services de cartographie ou les assistants vocaux. 

Mais Google n’hésite pas à couper des services, parfois brutalement ou à augmenter les tarifs. Les nouveaux tarifs de Maps ont fait bondir les entreprises ou encore l’arrêt brutal de Google+ suite à la découverte de plusieurs (grosses) failles. Certains projets prometteurs ont été arrêtés comme le fameux projet Ara, un smartphone modulaire. Google espère beaucoup dans le projet Soli et le wearable.

Même si Google a vendu Boston Robotics, l’éditeur reste un acteur important de l’Intelligence Artificielle et du big data. Et il est un important contributeur dans l’informatique quantique. 

Les forces

Android

Plateforme cloud en pleine croissance

Des projets leaders comme Kubernetes

Kotlin, Go, DART, Angular

IA & Big Data

Le lab ATAP

Les faiblesses

Des services parfois peu pérennes

Des projets prometteurs arrêtés

Des pratiques de collectes de données 

Une offre cloud qui demande encore à être renforcée

Quels marchés pour demain ?

Voiture

IoT

Cloud

Services

IA

Quantique

Wearable

Santé

IBM

International Business Machines est un acteur du monde technologique depuis 1 siècle. Son mainframe a contribué aux missions spatiales des États-Unis dès les années 1960. Mais il ne faut pas s’arrêter à la mini-informatique, car IBM a été un des plus importants constructeurs d’ordinateurs et de serveurs, avant de les céder et de garder quelques certaines activités. Sur la partie logicielle, IBM est un des géants incontestés avec des milliers de services logiciels, essentiellement entreprises. Le rachat de Rational avait considérablement renforcé la partie développeur. Et n’oublions pas que IBM est à l’origine d’Eclipse et beaucoup investit dans l’open source. 

Aujourd’hui, IBM est toujours actif sur les logiciels d’entreprises, les serveurs, le cloud computing, les bases de données ou encore l’open source. Il n’hésite pas à racheter des éditeurs pour compléter offre. Le dernier exemple est le rachat de Red Hat pour 34 milliards $. Reste à voir comment Red Hat sera intégré à la galaxie IBM. 

 

L’IA, le big data, l’IoT, le cloud, le quantique, le machine learning, sont quelques-uns des marchés de l’éditeur. Souvent moqué, IBM a toujours su se renouveler et à investir dans les nouveaux marchés, même avec retard.

Les forces

Capacité à se renouveler

1 siècle d’existence

Les offres développeurs

Cloud computing

Les équipes matérielles

Les faiblesses

Grandeur de l’entreprise

Apparaît parfois comme loin des utilisateurs

Lenteur à investir les nouveaux marchés

Quels marchés pour demain ?

IA

IoT

Cloud

Quantique

Les grandes infrastructures

Alibaba

Le mastodonte chinois arrive en Europe et en France, notamment avec sa filiale Alibaba Cloud. Si en Chine et en Asie, Alibaba est l’Amazon régional, dans le reste du monde, il reste encore discret, mais peu à peu, il tisse sa toile. Sa filiale Cloud affiche de grandes ambitions même si la stratégie se veut prudente, mais pragmatique : on ne sait pas (encore) tout faire, mais ce que l’on fait, on veut le faire bien… Être en concurrence frontale d’un AWS, Microsoft Azure, IBM ou Googe Cloud Platform n’est pas simple, car il faut bâtir les offres, les services, les infrastructures. 

Il ne faut pas sous-estimer le géant chinois et sa capacité à se développer dans les principaux marchés avec une offre cloud qui va se compléter au fur et à mesure. 

D’une manière générale, il ne faut pas sous-estimer les éditeurs et constructeurs chinois. Regardez le dynamisme actuel d’un Huawei qui bouscule Samsung en Asie ainsi qu’Apple.  

Oracle

Depuis un peu plus d’un an, l’éditeur, connu pour sa base de données, renforce son offre cloud computing, tout en gardant la main sur les ERP et CRM. Le développeur est redevenu un marché à considérer et à attirer, ce qui est une bonne nouvelle. L’éditeur a aussi remis de l’ordre dans l’univers Java en se délestant de plusieurs projets dont NetBeans et Java EE pour se concentrer sur Java SE, la JDK. 

Oracle reste un acteur majeur du paysage technologique et on aurait tort de l’ignorer en parlant uniquement de startups et de licornes. 

(Liste non exhaustive)

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