Licence : copyleft vs permissive
mer, 10/06/2026 - 10:45
Il existe de très nombreuses licences pour les projets ouverts, d'entreprises, open source. Mais fondamentalement, il y a deux grandes familles de licences :
- copyleft
- permissive
Typiquement, un projet open source / ouvert, mis sur un référentiel de code (ex. : GitHub) est soumis à une licence. Il y a des obligations à respecter. Celles-ci sont plus ou moins fortes et restrictives selon le type de licence. Une licence de type GPL, LGPL, MPL sera plus restrictive dans l'usage, la distribution des modifications ou encore le fork et le redistribution. C'est ce que l'on appelle une licence copyleft.
Quelques exemples, d'après Liran Tal de Snyk :
La licence publique générale GNU (GPL) préserve les notifications de licence et les conditions du droit d’auteur. Elle convient à une utilisation commerciale, brevetée et privée. Tout logiciel qui utilise du code GPL doit distribuer tout son code source sous la même licence. Si vous utilisez du code GPL dans votre logiciel (par exemple, en utilisant une bibliothèque GPL), et que vous distribuez votre application, tout votre code source doit être distribué sous la même licence GPL. Cette restriction fait de la GPL une licence copyleft forte.
La licence Affero GPL (AGPL) n’ajoute qu’une seule clause, mais celle-ci est importante pour certains logiciels. Étant donné que la licence GPL n’est déclenchée que lorsque le logiciel est distribué, il existe une faille pour les logiciels qui sont mis à disposition sur le réseau uniquement, c’est-à-dire qui ne sont pas explicitement « distribués ». La licence AGPL comble cette lacune en incluant une clause d’interaction réseau à distance qui déclenche la licence GPL pour tout logiciel utilisé sur un réseau.
La licence publique générale limitée (LGPL) offre le même niveau de conditions que les licences open source copyleft AGPL et GPL, avec préservation des droits d’auteur et des notifications de licence. La principale différence est que les petits projets ou objets auxquels on accède par le biais de travaux sous licence plus importants ne nécessitent pas la distribution du projet plus important. De plus, la source modifiée n’a pas besoin d’être distribuée selon les mêmes conditions que celles qui s’appliquent au projet de code plus important.
L’Eclipse Public License (EPL)est couramment utilisée pour les logiciels d’entreprise. Avec l’EPL, les logiciels développés à l’aide de codes EPL, non EPL et même propriétaires peuvent être combinés et faire l’objet d’une sous-licence, à condition que les éléments non EPL résident indépendamment en tant que modules ou objets distincts. Des modifications peuvent être apportées sous la licence EPL, mais elles doivent être publiées sous les mêmes conditions.
La Mozilla Public License (MPL) est la licence de logiciel open source copyleft la moins restrictive. Elle permet de modifier et d’utiliser facilement son code dans des logiciels fermés et/ou propriétaires, à condition que tout code sous licence MPL soit conservé dans des fichiers séparés et que ces fichiers soient distribués avec le logiciel. La MPL comprend également des concessions de brevets et impose la conservation des déclarations de droits d’auteur.
A l'opposé, une licence de type Apache, MIT, BSD, sera bien plus souple. Elle sera dite permissive. Par exemple, si on modifie du code d'un projet sous licence MIT et que l'on l'inclut ces ajouts dans un service commerciale, nous ne sommes pas obligés d'ouvrir ce code. Et il est même possible d'en changer le type de licence (sous certaines conditions).
Quelques exemples, d'après Liran Tal de Snyk :
La licence Apache exige des notifications de licence et de droits d’auteur sur le code distribué et/ou sous forme de mention dans le logiciel. Cependant, les travaux dérivés, les projets plus importants ou les modifications sont autorisés à porter des conditions de licence différentes lorsqu’ils sont distribués et ne sont pas tenus de fournir le code source. Les licences Apache contiennent une concession de brevet.
La licence MIT, du nom de la célèbre université dont elle est issue, est peut-être la licence open source la plus utilisée au monde, sans doute parce qu’elle est très courte, claire et facile à comprendre. Elle permet à quiconque de faire ce qu’il souhaite avec le code original, à condition que l’avis de droit d’auteur et de licence soit inclus dans le code source ou le logiciel distribué. Elle supprime toute responsabilité des auteurs et ne contient pas explicitement de concession de brevet.
La licence Berkeley Source Distribution (BSD) est également une licence open source permissive qui préserve les avis de licence et les droits d’auteur, mais autorise la distribution de travaux plus importants ou sous licence sans code source et sous des conditions de licence différentes. La licence BSD à deux clauses est très similaire à la licence open source MIT, tandis que les licences BSD à trois et à quatre clauses ajoutent des exigences ou des restrictions liées à la réutilisation et à d’autres conditions.
L’Unlicense (sans licence) est la moins restrictive des licences open source, car elle revient à rendre l’open source au domaine public. Aucune condition ne s’applique : ces travaux sans licence peuvent être distribués sans code source et sous des conditions différentes.
Bref, choisir une licence n'est pas neutre. Si vous déposez un projet sur GitHub, sous quelle licence souhaitez-vous le faire. Si la licence copyleft protège, théoriquement, mieux, les obligations liées peuvent freiner certains développeurs ou entreprises.

