C12, startup située à Paris, affiche de grandes ambitions sur le développement de son ordinateur quantique à tolérance de fautes. La roadmap prévoit 4 générations :
2027 : Aïdos avec 16 qubits physiques
2030 : Zélos avec 236 qubits
2032 : Styx, avec 8 500 qubits
2033 : Panepeia, avec 100 000 qubits
C12 veut, par cette roadmap, fixer les objectifs et concevoir une architecture capable de monter en puissance rapidement et avec une grande fiabilité. Sans ces conditions, impossible de multiplier les qubits sans instabilités.
Dans le détail :
- Aïdôs, attendu en 2027, marquera la première démonstration d'opérations quantiques logiques par l'entreprise. Le système intégrera 16 qubits physiques pour former un qubit logique, avec des vitesses de portes physiques inférieures à la microseconde.
- Zélos, prévu pour 2030, introduira l'intégration modulaire sur semiconducteur. Le processeur montera à 236 qubits physiques et huit qubits logiques, avec des taux d'erreur logique ramenés à environ 10⁻⁵. Cette génération introduit l'architecture chiplet, l'électronique cryogénique, des signaux de contrôle entièrement numériques, un réseau de polarisation de qubits intégré sur puce et une lecture multiplexée, l'ensemble étant conçu pour répondre aux exigences d'une fabrication industrielle à grande échelle.
- Styx, ciblé pour 2032, étendra l'architecture modulaire par réplication multiple de l'unité chiplet de Zélos. Le processeur vise 8 500 qubits physiques et au moins 128 qubits logiques, avec des taux d'erreur logique de 10⁻⁶ et une efficacité énergétique significativement améliorée.
- Panopeia, prévu pour 2033, représentera la transition vers un système quantique intégré à grande échelle opérationnelle, capable de supporter le calcul quantique universel. Son architecture combine plusieurs modules Styx pour cibler plus de 100 000 qubits physiques et près de 800 qubits logiques, avec des taux d'erreur logique ramenés à environ 10⁻⁷ et une consommation inférieure à un watt par qubit, le tout au sein d'un unique cryostat.
C12 utilise le qubit spin sur nanotube de carbone qui doit permettre une isolation contre les bruits et parasitages.
Notre avis : réalité ou fiction ? C12 affiche une grande ambition. Aujourd'hui, nous sommes très loin de pouvoir aligner des milliers de qubits physiques sans problème de stabilité. Reste à voir les performances réelles d'une telle machine et son prix de production. Outre la technologie, C12 doit relever les défis de l'investissement et des équipes.