PC Soft : après le rachat, une grogne des développeurs WinDev ?

Par:
francoistonic

lun, 08/06/2026 - 07:57

Au printemps 2025, PC Soft, éditeur français de WinDev, était racheté par le canadin Volaris Group. L'opération remontait en réalité à fin 2024. Ce rachat a été suvi par un changement de licence : la fin de la licence perpétuelle avec le fameux dongle et la mise en place du modèle par abonnement, un modèle courant (ex. : Adobe). Ce nouveau modèle économique ne passerait pas auprès d'une partie de la communauté WinDev, notamment par un manque de visibilité des tarifs.

En effet, les posts sur Linkedin se multiplient depuis quelques jours. Plusieurs critiques reviennent souvent :

- le coût de la licence avec le passage au modèle par souscription annuel aurait alourdi le coût annuel

- l'obligation de payer chaque année pour continuer à utiliser l'outil, à modifier les projets, etc. 

- coût supplémentaire (à venir) pour payer le nombre d'installations, de déploiements ou d'utilisateurs : rien n'est officiel sur ce point. Si cela devait devenir réalité, ce serait un changement radical du modèle économique avec des budgets en nets hausses.

Une partie de la communauté s'agite contre cette politique de licence et le coût croissant. Certains annoncent même migrer vers d'autres technologies. Il faut dire que les estimations des coûts de licences sembleraient faire exploser certains budgets. Nous avons eu des commentaires à cette actualité et sur linkedin les exemples se multiplient. (MàJ 9 juin)

La société canadienne avait déjà racheté un autre éditeur français bien connu : 4D.

Commentaires

Bonjour. Si la migration vers l'abonnement est econnomiquement comprehensible, de même ques des augmentations "mesurées" , deux points concernant la nouvelle politique commerciale sont plus difficiles à comprendre. En premier bien sur la redevance par installation client qui risque de "plomber" le marché pour les éditeurs, et en second la nécessité de souscrire obligatoirement aux trois produits. La niche commerciale sur laquelle PCSOFT est appuyée risque d'être mise à mal. Avec l'IA Générative, il est fort probable qu'une part, sans doute non négligeable, de sa clientèle se mettra à l'abri de nouvelles dérives tarifaire en abandonnant les produits de PC SOFT a terme. On nous propose un avenir serein avec un  système haut de gamme, soit, mais l'approche "payer un max maintenant vous verrez plus tard" rapelle d'autres aventures ;  "demain on rase gratuit". La politique de pCSOFT impactera énormément de petites structures et encore plus de clients finaux au moments ou ils sont mis à mal par une éconnomie difficile et un changement de règlementation couteux. En conclusions choix commerciaux surprenants compte tenu de la nature de la clientèle à un moment le plus innoportun.   Je ne peut quêtre dubitatif.   

D'autres problématiques naissent depuis ce changement de politique

1) Centre de sécurité
Les nouvelles conditions générales imposent l'installation d'un "centre de sécurité" chez le client final.
Ce centre de sécurité va valider les "sessions" des utilisateurs qui lancent des applications Windev sur le réseau.
Il faudra injecter chaque année (ou chaque mois ?) le nombre de sessions autorisées
-> en cas de disparition de PCSoft, comment va réagir le "centre de sécurité" lorsque les sessions auront expiré ???

2) Webdev
Le service commercial annonce à tous les clients que les conditions d'utilisation du "moteur webdev" vont évoluer.
Il y aura aussi un paiement "à l'utilisation" et en fonction de la puissance du serveur.
-> mais tout cela sans citer aucun chiffre !
-> donc nous devons démarrer des projets (sites web ou services web) chez des clients sans pouvoir leur annoncer une idée du tarif !!!

3) Windev mobile (Android / iOS)
De ce côté, aucune annonce de la part de l'éditeur.  Mais jusqu'à quand ?

4) Prix des "sessions" opaques
Le prix des sessions est soumis "à négociation".  On démarre à 290 € HT / session.
Mais cette opacité est la porte ouverte aux prix "à la tête du client", vraisemblablement au détriment des petites structures et des indépendants.

5) Développements "freeware" ou réservés à des ONG ou associations
Comment annoncer à une ONG de 500 utilisateurs qu'ils vont devoir s'acquitter d'un paiement de 500 x 290 € = 145000 € / an !!!

Tout ça ressemble à une mauvaise blague...

Et oui même si on distribue du 100% free sans rien gagner on doit payer des frais de runtime dès que l'on utilise une base de données. Cela m'a bien été confirmé par le service commercial écrit noir sur blanc... environ 250 € par PC.... imaginez la facture !

Bonjour, je confirme

J'ai eu mon devis que j'ai signé avec une mention "5 x session" mais c'est pas clairement écrit que c'est à l'utilisateur "final" ni sur le devis ni dans les CGV (ni lors des échanges mails et téléphones en passant), j'ai donc pas fait attention en pensant à une session développeur.

Quelle surprise en voyant votre article et en appelant le commercial, c'est à l'utilisateur "final", et j'ai un tarif "préférentielle" de 100 € HT car j'ai 3500 utilisateurs.

Bref, j'ai tout annulé pour rester avec ma clé 2024, on va voir si PCSoft change d'avis comme la clé de sécurité et dans le cas contraire, bah on ira voir ailleurs pas le choix car impossible de répercuter 350 000 à nos clients qui galèrent aussi à payer...

Sage decision, avec votre cle WD2024 vous pouvez encore travailler quelques annees et en parallele vous former a autre chose..  PC$$ n'est plus qu'une coquille financiere pour groinfrer les nouveaux proprietaires (fonds financiers) qui n'en ont rien a faire des developpeurs/clients. Il tue unepan entier de la IT en France. S'il ne font pas un virage a 180deg (ce que je ne crois pas) ils sont morts. De toute façon leur reputation est morte

Effectivement, la politique de PCSoft est un vrai suicide, porté par une équipe de direction qui a perdu toute crédibilité. Entre un directeur général qui étale des leçons de morale sur Linkedin, une directrice de la communication dont on voit un peu trop qu'elle lit son prompteur, et deux directeurs techniques qui étaient beaucoup mieux quand ils n'étaient que techniciens, cette équipe est incapable de faire émerger une voie de sortie.

Alors qu'il y avait une carte formidable à jouer, celui d'un EDI outsider, agile, malin, gaulois, libre des GAFAM. C'est Volaris ou Constellation qui pourrait jouer cette carte, mais apparemment ils sont tous en vacances... 

Un véritable suicide industriel en direct ou anatomie d’une chute.

La politique actuelle de PC Soft ressemble à une fuite en avant menée par une équipe dirigeante qui a perdu une grande partie de sa crédibilité depuis plusieurs mois.

Entre un directeur général davantage occupé à distribuer des leçons de morale sur LinkedIn qu'à rassurer ses clients, une direction de la communication dont les interventions semblent récitées mot à mot sur prompteur, et des directeurs techniques qui étaient probablement plus performants lorsqu'ils faisaient de la technique plutôt que du management, difficile de voir émerger la moindre vision capable de sortir l'entreprise de l'impasse.

C'est d'autant plus incompréhensible qu'il existait une opportunité exceptionnelle : celle de devenir l'EDI outsider par excellence. Un environnement de développement agile, indépendant, européen, libre de l'influence des GAFAM, capable de séduire les développeurs lassés des géants américains. Une carte unique sur le marché. Une carte qui semble aujourd'hui sacrifiée sur l'autel de la rentabilité à court terme.

À la place, nous assistons à une explosion des coûts : abonnements alourdis, paiement annuel obligatoire pour continuer à ouvrir et maintenir ses propres projets, et désormais des modèles tarifaires qui laissent entrevoir des surcoûts liés aux installations ou aux déploiements.

Le point le plus préoccupant pour les éditeurs n'est même pas le prix de l'EDI lui-même. Ce qui inquiète réellement, c'est la perspective d'une redevance par installation client, couplée à l'obligation de souscrire à l'ensemble des produits. C'est ce mécanisme qui menace directement les modèles économiques de nombreux développeurs et éditeurs de logiciels. Ce n'est plus une simple hausse tarifaire : c'est un changement de paradigme qui remet en question la viabilité même de certaines activités.

Ajoutons à cela un manque de transparence inquiétant. On parle de montants de l'ordre de 100 à 290 € HT par session ou installation selon les discussions qui circulent, mais sans grille tarifaire officielle, détaillée et clairement assumée. Cette opacité entretient la défiance et alimente toutes les inquiétudes.

Dans mon cas, le coût global pour continuer à développer et déployer mes applications et mes sites aurait dépassé les 150 000 € par an. Une somme totalement déconnectée de la réalité économique de nombreuses structures.

J'ai donc résilié l'ensemble de mes abonnements.

Et je suis loin d'être un cas isolé. La majorité des développeurs indépendants et des sociétés avec lesquels j'échange envisagent désormais de faire exactement la même chose dans les prochains mois.

C'est triste. Après plus de 30 ans d'aventure avec les outils PC Soft, je n'aurais jamais imaginé assister à une telle rupture entre l'éditeur et sa communauté.

Heureusement pour moi, la retraite approche. Mais pour ceux qui ont encore vingt ans de carrière devant eux, il est peut-être temps de commencer à regarder ailleurs.